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| La victime de viol au Rwanda |
| PREMIERE PARTIE
LA VICTIME ET LE CONTEXTE SOCIOCULTUREL
Il est incontestable que le viol a toujours existé dans la majorité des sociétés. Au Rwanda,
ce n’est que dans les années qui ont suivi le génocide des tutsis de 1994 que les violences
sexuelles ont attiré une attention particulière. Avant le crime de viol n’avait même pas
retenu l’attention du législateur comme susdit. Cette situation a probablement été
influencée par le poids du culturel. En effet, certains comportements admis dans la
société rwandaise traditionnelle et qui ont encore beaucoup d’adeptes aujourd’hui sont
assimilables au viol. Selon les adeptes de ces pratiques, la victime ne devrait pas s’en
plaindre car le pays doit préserver ses valeurs.
Avant d’aborder l’influence du contexte socioculturel à travers les facteurs victimogènes
(Chapitre II), il convient de s’attarder d’abord sur les données victimogénétiques
(Chapitre I).
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CHAPITRE I : DONNEES VICTIMOGENETIQUES
L’analyse des statistiques disponibles au Rwanda démontre, qu’il s’agisse de viols
familiaux ou extrafamiliaux, que tous les milieux et tous les âges sont concernés de
manière générale. On note toutefois, une prédominance de victimes dans certaines
tranches d’âge et dans certains milieux.
Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle on n’est jamais victime par hasard trouve toute sa
signification ici. En effet, le lien auteur-victime est très étroit puisque la victime est
toujours recrutée dans l’entourage familial, professionnel ou géographique immédiat de
l’agresseur. Ce constat est confirmé par la tentative de classification des victimes ci-après
et par les données relatives au milieu ainsi qu’au lien auteur victime.
Section I – Classification des victimes
La classification des victimes par sexe et par âge donne une image intéressante de l’état
des lieux au Rwanda. Elle ouvre aussi une brèche sur les pratiques culturelles qui seront
abordées dans un autre chapitre.
A – Classification des victimes par sexe
Les statistiques de la Cour Suprême de l’année 2008 qui parlent du viol des femmes et
des mineurs7 sont très éloquentes sur le sexe des victimes.
Tableau I : Etat de certaines affaires pénales connues par les juridictions
rwandaises en 2008
7 La Cour Suprême ne spécifie pas le sexe des mineurs, mais au regard de la réalité, elles sont presque
essentiellement de sexe féminin
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